Le Couvent

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Dans la grande plaine de Lund, près d’une source, à l’abri d’un bois de feuillus, se niche le couvent Saint Dominique. Eau, grands espaces, intimité, lieu où ciel et terre se touchent, c’est dans cet endroit béni que les Sœurs dominicaines de Sainte Marie des Tourelles ont bâti leur couvent.

C’est la proximité de la ville universitaire de Lund et du couvent des Frères qui décida du choix de Röglebäck, lors de la venue des Soeurs de France qui fondèrent leur couvent en 1956. Villes et Universités où les nouveaux courants de pensée jaillissent et se confrontent, tels sont les lieux propices à la vie dominicaine. Cette proximité de la ville assure au couvent Saint Dominique une double bénédiction : l’évangile rencontre la personne en recherche et la source celui qui a soif.

Prêcher la vérité, voilà la vocation dominicaine, et cette vérité, les sœurs la prêchent en premier lieu par le témoignage de leur vie contemplative. Elles boivent à la source, qui est la présence du Christ dans l’Eucharistie et la Parole de Dieu, dans la liturgie et la louange, dans le silence et l’étude, dans la vie communautaire. Ainsi, par la force de sa vitalité intérieure, une force quasi « explosive », la vie contemplative déborde, se communique aux autres et se propage, comme par osmose. La vérité est convaincante par elle- même, dans une vie authentiquement vécue. Venez
et voyez! Venez et goûtez! Il est bon de rendre grâce au Seigneur! (Ps 91)

Le Sœurs veulent faire de leur vie une louange perpétuelle, cherchant ainsi à réaliser dès cette vie ce qu´’s seront appelées à faire pendant toute l´éternité: glorifier leur Créateur. Toute la création forme le concert de cette louange : le ruisseau, les bois, les arbres fruitiers, les animaux des champs et les oiseaux du ciel… Ainsi les Soeurs réalisent la devise de l´Ordre : Laudare, benedicere, prædicare, louer, bénir et prêcher.

Les hommes de ce temps vivent souvent comme enfermés en eux-mêmes et se heurtent sans cesse aux limites de ce monde. Ils ne savent pas qu’ils sont créés pour l’éternité. Ce ne sont pas des raisonnements logiques ni des arguments rationnels qui peuvent les aider à sortir de cet enfermement. Ils ont besoin de rencontrer Dieu. Ils doivent eux-mêmes boire à la source et goûter combien le Seigneur est bon (Ps 34). Les monastères ont toujours été ces lieux où les hommes peuvent venir approfondir leur relation à Dieu dans le silence, la prière et la solitude.

La vie contemplative n’est cependant pas uniquement solitude et silence. Elle est aussi communion. Si cet élément fait défaut, toute prédication et toute liturgie si belle soit-elle ne sont que cymbales retentissantes (1 Co 13,1). La communauté religieuse est appelée à participer à la communion éternelle avec la Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. Cette grâce donnée à de très fragiles vases d’argile (2 Co 4,7) ne peut s’épanouir que dans la charité fraternelle et la miséricorde. C’est la tâche la plus importante de toute vie religieuse, ce sont aussi les premiers mots de la Règle dominicaine, celle que Dominique reprit de saint Augustin: Vous êtes réunis  pour vivre ensemble dans l’unité et n’avoir qu’un cœur et qu’une âme en Dieu.

Avant sa mort, Jésus pria pour que ses disciples soient un: Je prie pour que tous soient un comme toi, Père es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé (Jn 17,21). Aucune prédication n’est aussi convaincante qu’une vie dans l’amour.



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